Immobilier

Immobilier, ces départements où les prix ont bondi de 20 % en cinq ans

Jérémie Wauquier 4 min de lecture

Les prix des logements anciens ont reculé de 0,8 % en un an, d'après l'indice Notaires-INSEE publié en septembre, et le taux moyen des crédits immobiliers est remonté à 3,40 %. Sur cinq ans, pourtant, la carte de France ne ressemble pas du tout à ce coup de frein. Les Hautes-Alpes et les Côtes-d'Armor affichent plus de 20 % de hausse depuis 2021, tandis que Paris et sa proche banlieue ont perdu jusqu'à 10,5 %. Voici où les prix ont le plus changé, et ce que cela représente concrètement pour un acheteur.

La Bretagne et les Alpes du Sud en tête

Ces chiffres proviennent des ventes signées chez les notaires et publiées par l'administration fiscale dans la base DVF (demandes de valeurs foncières). Bien dans ma ville les a compilées pour chaque département. Entre 2021 et 2025, le prix médian au mètre carré a progressé de 22,6 % dans les Hautes-Alpes et de 20,6 % dans les Côtes-d'Armor. Le Finistère et la Haute-Loire suivent avec 17,3 %, devant la Lozère et les Alpes-de-Haute-Provence (14,5 %), le Morbihan (14,4 %) et la Manche (14,3 %). Le classement complet figure sur la page des prix immobiliers de tous les départements.

Traduite en euros, la hausse devient très concrète. Une maison des Côtes-d'Armor se vendait 1 670 euros le mètre carré en 2021, contre 2 000 euros en 2025. Pour 100 m², la facture a grimpé d'environ 33 000 euros. Côté montagne, le mètre carré d'un appartement est passé de 2 367 à 2 958 euros, si bien qu'un logement de 60 m² coûte aujourd'hui près de 35 000 euros de plus, comme le détaille la page consacrée au marché immobilier des Hautes-Alpes.

Le télétravail, l'attrait du littoral et de la montagne, et les départs de citadins après 2020 sont les explications le plus souvent avancées. Ces départements restent toutefois abordables. Le mètre carré d'une maison costarmoricaine reste sous la médiane nationale de 2 171 euros, comme le montrent les prix des maisons et appartements dans les Côtes-d'Armor.

Paris et les métropoles reculent

À l'autre bout du classement, Paris enregistre une baisse de 10,5 % en cinq ans. Les Hauts-de-Seine reculent de 8,8 %, le Val-de-Marne de 6,1 % et le Rhône de 5,6 %.

Dans les Hauts-de-Seine, le prix médian d'une maison est passé de 8 234 euros le mètre carré en 2021 à 7 316 euros en 2025. Une maison de 100 m² y vaut donc environ 92 000 euros de moins qu'il y a cinq ans, d'après les prix immobiliers dans les Hauts-de-Seine. Dans la capitale, où le mètre carré tourne encore autour de 9 700 euros, la baisse dépasse 1 000 euros par mètre carré, soit plus de 25 000 euros sur un studio de 25 m². Le détail figure sur la page des prix au mètre carré à Paris.

Les grandes villes suivent des trajectoires opposées. Parmi les 30 communes les plus peuplées suivies par le site, Lyon (-12,4 %), Nantes (-11,7 %), Villeurbanne (-10,7 %) et Bordeaux (-10 %) ont nettement reculé. Brest (+15,9 %), Nice (+13,9 %), Toulon (+12 %), Le Mans (+11,9 %) et Marseille (+10,3 %) ont au contraire progressé. Pour les ménages qui visaient Lyon ou Nantes il y a cinq ans, le repli ouvre une fenêtre, même si les prix y restent bien au-dessus de la médiane nationale.

Ce que 200 000 euros permettent d'acheter

Avec 200 000 euros, la surface accessible va de 29 m² dans les Hauts-de-Seine à 128 m² en Haute-Loire.
Avec 200 000 euros, la surface accessible va de 29 m² dans les Hauts-de-Seine à 128 m² en Haute-Loire.

Depuis le début de l'année, la tendance s'est inversée presque partout. Selon l'indice des prix des logements anciens publié par l'INSEE le 8 septembre, les prix baissent de 1 % sur un an en province et de 0,3 % en Île-de-France au deuxième trimestre 2026. Les maisons reculent davantage (-1,3 %) que les appartements (-0,1 %). Les chiffres du troisième trimestre sont attendus le 24 novembre. Les notaires font le même constat. Dans leur baromètre de l'été, réalisé de juin à août, 60 % d'entre eux observaient des prix en baisse, contre 52 % au printemps. Le crédit ne facilite rien. D'après l'Observatoire Crédit Logement/CSA, le taux moyen des prêts immobiliers atteignait 3,40 % en septembre.

C'est encore le budget qui mesure le mieux les écarts entre départements. Pour 200 000 euros, frais de notaire d'environ 7,5 % déduits, un acheteur peut viser environ 128 m² d'appartement en Haute-Loire, 82 m² dans les Côtes-d'Armor et 65 m² dans les Hautes-Alpes. Dans les Hauts-de-Seine, la même somme correspond à 29 m². Malgré cinq années de hausse, les départements ruraux restent donc bien plus accessibles que l'Île-de-France, même après sa baisse. Ce calcul, disponible pour chaque territoire, figure par exemple sur la page des prix immobiliers en Haute-Loire. Cet accès plus facile à la propriété se voit dans les chiffres. Dans les Côtes-d'Armor, 71,4 % des ménages sont propriétaires de leur logement, contre 43 % dans les Hauts-de-Seine et 33,2 % à Paris.

Reste qu'une moyenne départementale ne suffit pas pour choisir une commune. Dans les Côtes-d'Armor, le mètre carré varie de 1 125 euros à Rostrenen à 4 485 euros à Saint-Cast-le-Guildo, sur la Côte d'Émeraude. Avant de se lancer, mieux vaut regarder l'état du bien, les charges et les transports, car le prix au mètre carré ne dit pas tout du coût d'un logement.

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