Caniparcs et pigeonniers, ces villes qui font une place aux animaux
Jérémie Wauquier 4 min de lecture
Des parcs rien que pour les chiens
La France compte 73,4 millions d'animaux de compagnie, selon le baromètre 2025-2026 de la FACCO, la fédération des fabricants d'aliments pour animaux familiers, réalisé avec l'institut Odoxa. En ville, beaucoup de chiens vivent en appartement et sortent surtout en laisse, sur le trottoir. D'où l'essor des caniparcs, des terrains clôturés où l'animal peut se dépenser en sécurité pendant que son maître reste à côté. Pour les propriétaires, c'est aussi un lieu de rencontre, où l'on échange des conseils entre voisins.
À Lezennes, dans la métropole lilloise, un parc de 1 300 m² est ouvert depuis le 15 juillet 2026 entre les deux terrains de football du complexe sportif. Il a coûté près de 25 000 euros à la commune, reste accessible jour et nuit et accueille jusqu'à dix chiens en même temps. Le règlement est précis. Les chiens de première catégorie n'y entrent pas, ceux de deuxième catégorie doivent rester muselés et tenus en laisse, et les chiots non vaccinés, les femelles en chaleur et les animaux malades ne sont pas admis. Des distributeurs de sacs sont installés pour ramasser les déjections.
En Île-de-France, la Région a soutenu deux caniparcs de 1 300 et 1 500 m² à Rueil-Malmaison, avec agrès, bancs et fontaines à eau. Conflans-Sainte-Honorine en a ouvert deux en décembre 2025 et prévoit d'aller jusqu'à six. Le nouvel espace d'Argenteuil s'inscrit dans ce mouvement.
Les pigeons, sans les chasser
Pour les pigeons, de plus en plus de villes misent sur le pigeonnier dit contraceptif. Le principe est simple. La commune installe une cabane où les oiseaux viennent nicher, puis un agent passe régulièrement pour secouer les œufs, les remplacer par des faux ou les fêler légèrement. Ils n'éclosent pas, et la population est contenue sans capture ni abattage.
Marseille, qui compterait environ 80 000 pigeons, a installé ses premiers pigeonniers en 2013 et en compte douze dans ses parcs. Chacun peut accueillir jusqu'à 100 couples, et les œufs sont traités au moins toutes les deux semaines. L'investissement reste important, avec 20 000 euros par cabane à l'installation et 72 000 euros par an pour l'entretien des douze. Troyes utilise la méthode depuis 2011 avec cinq pigeonniers d'une soixantaine de couples chacun. Rennes et Montpellier s'y sont mises à leur tour.
L'enjeu est aussi la propreté. Un pigeon produit au moins 12 kg de fientes par an, selon la ville de Troyes, ce qui abîme les façades et les monuments. Le dispositif a une limite connue. Il ne fonctionne que si les oiseaux ne trouvent pas de nourriture ailleurs, ce qui explique les amendes pour nourrissage, jusqu'à 450 euros à Marseille. Les alternatives à l'étude à Agen s'inscrivent dans cette même recherche de méthodes plus respectueuses.
Le respect des animaux s'apprend tôt
Le mercredi 14 octobre 2026, sept collégiens et lycéens du conseil municipal des jeunes de Cannes ont visité le refuge animalier de Mougins. Cette sortie organisée par la mairie leur a permis de rencontrer des animaux abandonnés et les salariés qui s'en occupent. La ville a créé une délégation à la cause animale en 2017, aménagé un parc canin de 400 m² rue du Lys et versé en avril 2026 une aide de 1 000 euros à l'association Instinct AniMal, qui recueille la faune sauvage.
Ce travail de sensibilisation passe aussi par un rappel simple. L'identification est obligatoire, depuis 1999 pour les chiens et depuis 2012 pour les chats, par puce électronique ou tatouage, comme le rappelle l'I-CAD, le fichier national d'identification des carnivores domestiques. Elle permet de retrouver le propriétaire d'un animal perdu en quelques minutes. Pourtant, d'après la FACCO, 11 % des propriétaires de chiens et 33 % des propriétaires de chats déclarent que leur animal n'est pas identifié. Côté races, le berger australien a été le chien le plus enregistré en 2025, avec 31 633 nouvelles identifications, devant le chihuahua et le border collie.
Pour qui s'installe dans une nouvelle commune avec un chien ou un chat, quelques démarches facilitent la vie dès les premières semaines. La première consiste à mettre à jour son adresse auprès de l'I-CAD. Il est ensuite utile de demander en mairie, ou de chercher sur le site de la ville, où se trouvent les caniparcs et les espaces où la laisse n'est pas obligatoire, puis de repérer un vétérinaire proche, au même titre que les autres rendez-vous santé à prévoir après un déménagement. Les règles de circulation peuvent aussi surprendre, comme le montre l'article sur les règles pour se déplacer à cheval en ville.