Société

Près de 3 000 docteurs juniors arrivent en novembre dans les cabinets

Jérémie Wauquier 4 min de lecture

Le ministère de la Santé l'a annoncé le 14 octobre. Un peu moins de 3 000 docteurs juniors en médecine générale commenceront à recevoir des patients début novembre, et 80 % d'entre eux iront dans des territoires où il est difficile de trouver un médecin. Qui sont ces jeunes praticiens, où vont-ils exercer et combien de médecins compte déjà votre commune ? Voici ce qui change pour les patients.

Qui sont les docteurs juniors

Un docteur junior n'est plus vraiment un étudiant. C'est un interne en médecine générale qui commence sa quatrième et dernière année de formation. Jusqu'ici, la spécialité se préparait en trois ans, ce qui en faisait la formation de spécialiste la plus courte des études de médecine. La réforme, précisée par un décret du 6 novembre 2025, ajoute une année entière sur le terrain. La première promotion prend son poste le lundi 2 novembre 2026.

Concrètement, le docteur junior reçoit lui-même ses patients quatre jours par semaine, en cabinet, en maison de santé ou en centre de santé. Il exerce en « autonomie supervisée », selon l'expression officielle. Un généraliste expérimenté, le maître de stage, reste son référent et peut être appelé à tout moment. Le cinquième jour se passe dans une autre structure, par exemple un Ehpad (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) ou un centre de protection maternelle et infantile. L'organisation de cette année de docteur junior est détaillée par l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes.

L'année se compose de deux stages de six mois. Le docteur junior est salarié par le centre hospitalier universitaire auquel il est rattaché, et non par le cabinet qui l'accueille. Pour les cabinets débordés, c'est un praticien de plus pendant un an, sans recrutement à financer.

Où vont-ils exercer

Le chiffre de 3 000 est arrondi. Le ministère parle d'« un peu moins de 3 000 » docteurs juniors début novembre, puis d'une seconde vague d'environ 600 en mai 2027. Le Collège national des généralistes enseignants compte de son côté 2 682 prises de poste en novembre. Les affectations ont été arrêtées le 30 septembre, après plusieurs tours de choix entre les internes et les lieux de stage disponibles.

Le plus important pour les patients tient en une proportion. 80 % des docteurs juniors seront affectés dans des territoires où l'accès aux soins est particulièrement difficile. Il s'agit des zones d'intervention prioritaire et des zones d'action complémentaire, deux types de secteurs délimités par les agences régionales de santé, ainsi que des quartiers prioritaires de la politique de la ville.

Les premières répartitions sont connues. En Île-de-France, l'agence régionale de santé annonce 412 docteurs juniors, dont 74 en Seine-Saint-Denis, 64 dans l'Essonne, 60 dans les Yvelines, 58 à Paris et 52 en Seine-et-Marne. Dans la région, 93 % d'entre eux exerceront dans une zone reconnue comme manquant de médecins. Selon la presse régionale, la Vendée en reçoit 44 dès le 2 novembre et l'Eure-et-Loir 18 pour six mois. Les besoins augmentent aussi là où la population progresse, comme dans les villes de France qui gagnent le plus d'habitants en 2026.

Combien de médecins dans votre ville

Dans les maisons et centres de santé, les docteurs juniors reçoivent leurs propres patients quatre jours par semaine.
Dans les maisons et centres de santé, les docteurs juniors reçoivent leurs propres patients quatre jours par semaine.

Pour mesurer l'effet de ces renforts, chaque fiche ville de Bien dans ma ville donne le nombre d'habitants pour un médecin installé dans la commune. Le calcul est simple. La population recensée par l'INSEE est divisée par le nombre de médecins inscrits dans l'annuaire santé, mis à jour en continu, comme l'explique la méthodologie des données santé du site. À l'échelle du pays, la moyenne s'établit à 1 médecin pour 1 663 habitants.

Les grandes villes font presque toutes mieux que cette moyenne. Sur une douzaine de grandes villes passées en revue, Bordeaux arrive en tête avec 1 médecin pour 1 015 habitants. Suivent Brest (1 pour 1 130), Limoges (1 140) et Nice (1 161). Toulouse, Saint-Étienne, Lyon et Marseille restent entre 1 217 et 1 322 habitants par médecin. Lille (1 346), Montpellier (1 436) et Rennes (1 519) se placent un peu plus loin. Même Nantes, avec 1 médecin pour 1 561 habitants, reste mieux dotée que la moyenne nationale. Brest, par exemple, compte 126 médecins, mais aussi 36 pharmacies et 18 sages-femmes.

Ces chiffres demandent une lecture attentive. Une ville-centre regroupe les cabinets, les hôpitaux et les spécialistes, qui soignent aussi les habitants des communes voisines. Un village sans médecin n'est donc pas forcément loin d'un cabinet. Quand un service manque dans une commune, la fiche indique la commune la plus proche qui en dispose, avec la distance à vol d'oiseau. C'est une vérification utile avant un déménagement, tout comme les rendez-vous santé à prendre dès son installation. Pour savoir si un docteur junior consulte près de chez soi, le plus simple est de demander à sa maison de santé ou à son cabinet habituel. Côté paiement, le tiers payant s'applique. Le patient n'avance pas la part remboursée par l'Assurance maladie.

À lire aussi

Une idée d'article ? Acteur local, expert ou simple passionné de votre ville, proposez votre sujet à la rédaction. Nous contacter

Partager cette page