Il pleut plus à Annecy qu’à Brest

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Les parapluies sont ressortis, et un classement publié cette semaine par la plateforme de locations Holidu bouscule une idée reçue tenace. D’octobre à décembre, les villes françaises les plus arrosées ne sont pas bretonnes mais alpines. Annecy, Chambéry et Grenoble occupent le podium, tandis que Paris pointe au 79e rang sur 117.

Le podium est alpin

Avec dix jours de pluie par mois et près de 5 millimètres par jour en moyenne à l’automne, Annecy arrive en tête des villes de plus de 50 000 habitants étudiées par Holidu. Chambéry suit de très près, devant Grenoble, qui dépasse les neuf jours de pluie mensuels. L’étude repose sur les données de World Weather Online collectées de 2009 à 2025.

 

Le relief explique ce trio. Les masses d’air humide venues de l’Atlantique butent sur les premiers massifs, s’élèvent, se refroidissent et se déchargent sur les villes installées à leur pied. Grenoble, enserrée entre la Chartreuse, le Vercors et Belledonne, en fait l’expérience chaque automne.

 

La Bretagne n’est pas absente pour autant. Quimper se classe quatrième, avec autant de jours de pluie qu’Annecy mais des averses moins chargées. Cherbourg-en-Cotentin, Dijon et Limoges figurent aussi dans le top 10, aux 7e, 8e et 9e places. L’agglomération lyonnaise place Lyon, Vaulx-en-Velin et Villeurbanne aux 13e, 14e et 15e rangs. Paris, souvent décrite comme grise, ne se classe que 79e.

Une question de mesure

Ce palmarès ne porte que sur trois mois. Sur l’année entière, les normales de Météo-France, établies sur trente ans, donnent un tout autre podium. Biarritz y détient le cumul le plus élevé, environ 1 470 millimètres par an, devant Brest et ses 1 230 millimètres.

 

Brest garde toutefois un record. Avec 159 jours de pluie par an en moyenne, c’est la ville de France où il pleut le plus souvent, contre une cinquantaine de jours à Marseille. En Bretagne, la pluie tombe souvent mais finement, alors que le Pays basque reçoit des épisodes plus courts et plus intenses.

 

Reste la question de la source. World Weather Online est un service privé, dont les séries ne proviennent pas du réseau de stations de Météo-France. D’une ville à l’autre, les écarts se jouent parfois à quelques dixièmes de millimètre. Mieux vaut donc lire ce classement comme une tendance que comme un verdict.

Vivre sous la pluie

Dans les villes les plus arrosées, la pluie d’automne se ressent d’abord à l’intérieur des logements. Les murs anciens absorbent l’humidité, les vitres se couvrent de condensation au réveil et les moisissures s’installent vite quand l’aération est négligée. Une ventilation en état de marche, des entrées d’air dégagées et un chauffage régulier limitent ces désagréments. Ils sont souvent plus marqués en rez-de-chaussée et dans les immeubles mal isolés. Avant de signer un bail ou un compromis, un coup d’œil aux angles des pièces et derrière les meubles en dit long.

 

Les déplacements changent aussi. À Grenoble comme à Annecy, une partie des cyclistes continue à pédaler sous l’averse, bien équipée. D’autres basculent vers le tram ou le bus dès octobre, ce qui charge les lignes aux heures de pointe. Les arrêts sans abri, les trottoirs étroits et les flaques aux passages piétons pèsent alors davantage sur le quotidien.

 

La pluie ne fait pas fuir les habitants pour autant. Annecy et les rives de son lac, Chambéry ou Grenoble restent des villes recherchées, où la proximité de la montagne et la qualité du cadre de vie comptent plus que quelques jours d’averse. Médiathèques, piscines, cinémas et halles couvertes font la différence quand le ciel se ferme. Pour comparer ces villes au-delà de la météo, les avis des habitants et les classements des villes restent le meilleur point de départ.