Cheminée ouverte interdite, 657 communes concernées cet hiver
Jérémie Wauquier 4 min de lecture
Ce qui change depuis le 1er novembre
Dans la métropole lilloise, la règle est simple. Une cheminée à foyer ouvert, c'est-à-dire sans vitre ni porte, ne peut plus servir, qu'il s'agisse de chauffer la maison, de compléter un autre chauffage ou de faire une simple flambée un soir d'hiver. La mesure découle du plan de protection de l'atmosphère de Lille et du bassin minier, approuvé en août 2025 et mis en œuvre par arrêté préfectoral.
La raison tient à la qualité de l'air. Selon la préfecture du Nord, environ 70 % des particules fines de la métropole proviennent du chauffage au bois des particuliers. Ces particules, assez petites pour pénétrer profondément dans les poumons, s'accumulent surtout les jours froids et sans vent.
Le contrevenant s'expose à une amende pouvant atteindre 1 500 euros. La cheminée n'a pas à être démolie, elle doit simplement ne plus être utilisée. Pour un foyer auquel une porte vitrée a été ajoutée après coup, la situation reste floue, et mieux vaut demander l'avis d'un ramoneur ou de la mairie avant de l'allumer.
Où la règle s'applique
La métropole lilloise n'est pas un cas isolé. Le recensement compte 657 communes dans le Nord, la Loire, le Rhône, l'Isère, l'Ain et la Haute-Savoie. La vallée de l'Arve, en Haute-Savoie, a ouvert la voie en interdisant les foyers ouverts dans 41 communes dès 2022.
Dans la métropole de Lyon, l'interdiction s'applique depuis le 1er avril 2023, et elle a été étendue au reste du plan de protection de l'atmosphère lyonnais, dans le Rhône, l'Ain et l'Isère, depuis le 1er avril 2026. Autour de Grenoble, 297 communes sont concernées, en deux vagues (octobre 2024 puis janvier 2026). Le bassin stéphanois, dans la Loire, applique aussi des restrictions.
Et le mouvement ne s'arrête pas aux foyers ouverts. Dans les communes de la première vague grenobloise, les inserts et poêles à bûches installés avant 2002 sont interdits depuis le 1er janvier 2026. Dans tout le périmètre lyonnais, ces appareils anciens devront à leur tour être remplacés à partir du 1er avril 2028. Un propriétaire équipé d'un vieux poêle a donc intérêt à vérifier sa date d'installation dès maintenant, sur la facture ou auprès de son ramoneur.
En Île-de-France, en revanche, il n'existe pas d'interdiction totale. Une flambée d'agrément ou un feu d'appoint restent possibles, sauf lors des pics de pollution aux particules fines.
Poêle et insert restent permis
L'interdiction vise le foyer ouvert, pas le chauffage au bois. Les cheminées à foyer fermé, les inserts, les poêles à bûches et les poêles à granulés restent autorisés. La différence est énorme en matière de rendement. Une cheminée ouverte ne restitue qu'environ 10 % de la chaleur produite par le bois, le reste partant dans le conduit. Un appareil fermé récent dépasse souvent 70 %, avec beaucoup moins de fumées. Pour un même confort, la consommation de bûches baisse donc nettement.
Pour aider les ménages à franchir le pas, la Métropole européenne de Lille propose une Prime Air qui peut atteindre 2 850 euros pour les foyers aux revenus modestes, selon le barème en vigueur depuis le 1er janvier 2026, contre 1 000 euros pour les revenus les plus élevés. Elle se cumule avec MaPrimeRénov' et les certificats d'économies d'énergie. Plusieurs conditions s'appliquent : le logement doit être une résidence principale, l'appareil doit porter le label Flamme verte ou une performance équivalente, et la pose doit être confiée à un professionnel certifié RGE (reconnu garant de l'environnement). La demande se fait avant les travaux, après un rendez-vous avec un conseiller du service Amelio de la métropole.
Les autres territoires ont leurs propres dispositifs. Autour de Grenoble, la prime Air Bois de la métropole atteint 1 600 ou 2 000 euros selon les revenus. Dans le Rhône, le fonds Air Bois va de 1 000 à 3 000 euros selon les collectivités.
L'enjeu concerne une population importante. Rien qu'à Lille (238 246 habitants), Roubaix (98 286), Tourcoing (98 772) et Villeneuve-d'Ascq (62 868), près d'un demi-million de personnes vivent dans le périmètre de l'interdiction, selon les chiffres de population réunis sur la page du département du Nord. Ceux qui préparent un achat dans la métropole ont intérêt à vérifier le mode de chauffage du logement visé, et à intégrer le coût d'un éventuel insert dans leur budget.
Cette nouvelle règle s'ajoute aux autres obligations de l'hiver, comme les pneus hiver désormais exigés dans 34 départements jusqu'au 31 mars. Le texte complet et les démarches pour les aides sont détaillés sur le site de la préfecture du Nord.