Les zones commerciales d'entrée de ville vont changer

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Le 30 septembre, la SCET et Icade ont publié la deuxième édition de leur baromètre des entrées de ville commerciales. Il recense 437 projets de transformation, sur 8 606 hectares. Derrière ce chiffre, ces avenues de parkings, d'enseignes et de ronds-points qui ceinturent la plupart des agglomérations françaises, et dont l'avenir se joue désormais dans les mairies.

Ce que recense le baromètre

L'étude a été réalisée par la SCET, filiale de la Caisse des Dépôts, et par le promoteur Icade. Selon les résultats détaillés relayés par Batiweb, 80 % des 1 000 élus interrogés par l'institut Quorum jugent que ces zones doivent figurer parmi les priorités de leur mandat. Plus de huit sur dix y voient une piste de réinvention par la mixité des usages : logements, services, commerces, équipements.

 

Plus de la moitié des 437 projets concernent des sites de moins de 3 hectares.

 

La première édition, un an plus tôt, avait dressé un inventaire théorique : 3 800 sites commerciaux de plus d'un hectare, dans les aires urbaines dont la ville-centre dépasse 10 000 habitants. Soit 80 000 hectares et un potentiel estimé à 1,6 million de logements. Cette fois, il s'agit de projets réellement identifiés, surtout portés par des acteurs privés.

Un chantier de dix à quinze ans

Le chiffre qui tempère l'annonce : seuls 10 % des projets sont en phase opérationnelle. Un tiers (34 %) en est au stade de l'étude, et 56 % à celui du simple repérage des potentialités.

 

Christophe Lasnier, de la SCET, situe entre dix et quinze ans le délai qui sépare l'intention d'un élu de la livraison d'une opération. Un projet lancé aujourd'hui dépasse donc le mandat municipal 2026-2032 qui vient de s'ouvrir. Des outils de financement existent pourtant : la foncière Repenser la ville, créée par la Banque des Territoires, CDC Habitat et Frey, disposait dès 2023 d'une capacité initiale de 200 millions d'euros pour ce type de reconversion.

 

Les grandes zones commerciales sont les plus lentes à débloquer. Les petits sites, souvent aux mains d'un seul propriétaire et proches de quartiers habités, avancent plus vite. L'analyse de la première édition recommandait d'ailleurs de concentrer l'effort sur eux pendant le mandat en cours. L'attente, elle, existe : deux Français sur trois souhaitent une transformation conséquente de ces entrées de ville, d'après les chiffres présentés avec le baromètre.

Du parking au quartier

Montigny-lès-Cormeilles, dans le Val-d'Oise, fait figure de référence. Le projet décrit par le Cerema porte sur un linéaire commercial de 1,5 kilomètre, soit 250 000 m² de surfaces de vente sur un site de 13 hectares. Le programme prévoit 24 000 m² de commerces de petite et moyenne taille, des restaurants, des services et des loisirs, un groupe scolaire annoncé pour 2025 et 900 logements en R+5 à l'horizon 2030. Une avenue pensée pour la voiture devient une rue avec des habitants, une école et des commerces en rez-de-chaussée.

 

Dans l'Aube, la zone commerciale de Saint-Parres-aux-Tertres, aux portes de Troyes, a été requalifiée par la même foncière, Frey.

 

Pour savoir ce que pèse une zone commerciale dans une commune, les données locales aident : population, parc de logements, prix de l'immobilier. Les fiches de Bien dans ma ville rassemblent ces indicateurs commune par commune, et permettent de mesurer l'ampleur du changement avant d'en attendre les effets.