Economie

Salaires 2025, les villes où l'on vit le mieux

Jérémie Wauquier 4 min de lecture

L'Insee a publié le 22 octobre 2026 son bilan des salaires 2025 dans le secteur privé. Bonne nouvelle pour les salariés, le pouvoir d'achat progresse pour la deuxième année de suite. Voici ce que gagne réellement un salarié en France, pourquoi les fiches de paie suivent enfin mieux les prix et dans quelles communes le niveau de vie est le plus élevé.

Ce que gagne un salarié du privé

En 2025, un salarié du secteur privé a touché en moyenne 2 797 euros net par mois en équivalent temps plein, selon l'étude de l'Institut national de la statistique et des études économiques sur les salaires du privé en 2025. L'équivalent temps plein permet de comparer tout le monde comme si chacun avait travaillé à temps complet toute l'année. Avant cotisations, le montant brut atteint 3 693 euros.

Cette moyenne est tirée vers le haut par les très hauts revenus. Le salaire médian, celui qui partage les salariés en deux moitiés égales, s'établit à 2 238 euros net, soit 20 % de moins. Un salarié sur dix gagne moins de 1 519 euros, un sur dix plus de 4 441 euros. À titre de repère, le salaire minimum net à temps plein s'élevait à 1 426 euros par mois en 2025.

Les écarts entre métiers restent marqués. Un cadre perçoit en moyenne 4 711 euros net par mois, une profession intermédiaire (technicien, infirmière, agent de maîtrise) 2 681 euros, un ouvrier 2 092 euros et un employé 1 979 euros. Les femmes gagnent 12,8 % de moins que les hommes, 2 578 euros contre 2 956 euros. Cet écart se réduit lentement, de 5,2 points en dix ans.

Pourquoi le pouvoir d'achat repart

En un an, le salaire net moyen a augmenté de 2,5 %. Les prix, eux, n'ont progressé que de 0,9 %. Le pouvoir d'achat du salaire, que l'Insee mesure « en euros constants », c'est-à-dire une fois l'inflation retirée, gagne donc 1,5 % en 2025.

Pour un salaire de 2 000 euros net, cela représente environ 30 euros de plus par mois en pouvoir d'achat réel. Rien de spectaculaire, mais la tendance compte. Après deux années de recul, de 1,3 % en 2022 puis de 1 % en 2023, et une légère reprise de 0,8 % en 2024, les salaires rattrapent peu à peu la flambée des prix qui avait suivi la crise sanitaire.

La hausse profite à toutes les catégories, cadres, employés et ouvriers progressant chacun d'environ 1 % une fois l'inflation déduite. Les femmes en bénéficient un peu plus que les hommes (1,7 % contre 1,4 %). La prime de partage de la valeur, versée par certains employeurs en plus du salaire, a concerné 15 % des salariés en 2025, pour 881 euros en moyenne sur l'année. Ce coup de pouce reste cependant inégal selon la taille et le secteur de l'entreprise.

Les communes où l'on vit le plus confortablement

Les communes proches de Genève, en Haute-Savoie et dans l'Ain, dominent le classement du niveau de vie médian.
Les communes proches de Genève, en Haute-Savoie et dans l'Ain, dominent le classement du niveau de vie médian.

Le salaire ne dit pas tout du niveau de vie. Le classement des villes au niveau de vie le plus élevé de Bien dans ma ville s'appuie sur une autre mesure de l'Insee, le niveau de vie médian. Il correspond au revenu disponible du foyer, après impôts et aides sociales, rapporté à la taille du ménage. Il tient compte des pensions de retraite, des revenus du patrimoine et des prestations, et pas seulement des salaires. Une moitié des habitants vit avec plus, l'autre avec moins. Le classement porte sur 30 816 communes, à partir des données 2023, les plus récentes disponibles à cette échelle.

En tête figure Bossey, en Haute-Savoie, avec 62 730 euros par an, soit plus de 5 200 euros par mois et par personne. Suivent Grilly, dans l'Ain, puis Archamps, de nouveau en Haute-Savoie, et Neuilly-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine, à 56 030 euros. Les trois premières ont un point commun, leur proximité immédiate avec Genève. Beaucoup d'habitants travaillent en Suisse, où les salaires sont nettement plus élevés, tout en vivant côté français. Leur niveau de vie a progressé de 25 % à 34 % entre 2018 et 2023. Le Genevois français n'est pas seul dans le haut du tableau. Fontette, dans l'Aube, au cœur du vignoble de Champagne, se classe sixième avec 55 870 euros. Neuwiller, dans le Haut-Rhin, près de Bâle, et Vieille-Toulouse, sur les coteaux au sud de la Ville rose, figurent aussi parmi les quinze premières.

À l'échelle des départements, le classement des départements selon le niveau de vie place les Hauts-de-Seine en tête, avec 34 570 euros par an, devant Paris (33 650 euros), la Haute-Savoie (33 273 euros), les Yvelines et l'Ain. Dans ces cinq départements, le niveau de vie a augmenté de 18 % à 21 % en cinq ans. Un revenu confortable ne suffit pas toujours à bien vivre au quotidien, comme le montre l'article habiter près de son travail suffit-il vraiment à mieux vivre. Pour situer sa propre commune, chaque fiche ville du site indique le revenu, le taux de chômage et leur évolution, comme la fiche statistique de Paris.

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