Immobilier

Acheter à Montréal quand on vient de France, bien choisir son quartier

4 min de lecture

Une rue du Plateau-Mont-Royal, l'un des quartiers de Montréal les plus prisés des Français (photo Chicoutimi, domaine public)
Le 28 octobre, la Banque du Canada a relevé son taux directeur à 2,5 %, sa première hausse depuis 2023. Une décision qui concerne directement les nombreux Français installés à Montréal et tentés de passer de la location à l'achat. Quartiers, prix, frais propres au Québec et règles pour les acheteurs étrangers, voici les repères pour choisir où poser ses valises.

Des quartiers aux ambiances très différentes

La communauté française de Montréal est l'une des plus importantes hors d'Europe. En janvier 2026, 70 266 Français étaient inscrits au registre du consulat de Montréal, et le ministère des Affaires étrangères estime à 260 000 le nombre de Français installés dans l'ensemble du Québec. Beaucoup commencent par le Plateau-Mont-Royal, ses duplex aux escaliers extérieurs en colimaçon, ses cafés et le parc La Fontaine. L'ambiance de faubourg rappelle à certains les pentes de la Croix-Rousse, à Lyon. Le prix suit : au premier trimestre 2026, un plex s'y vendait autour de 1 085 000 dollars canadiens en valeur médiane.

Plus au nord, Villeray offre un cadre plus familial, avec le parc Jarry, des rues résidentielles bordées d'arbres et le marché Jean-Talon à deux pas. Au sud-ouest, Verdun s'étire le long du fleuve Saint-Laurent, autour de la rue Wellington et de sa plage urbaine ouverte en 2019. Griffintown, ancien quartier industriel au bord du canal de Lachine, a changé de visage avec ses tours de copropriétés neuves, très prisées des jeunes actifs qui travaillent au centre-ville.

Le critère qui compte le plus, surtout l'hiver, reste la distance à une station de métro. Habiter à cinq minutes à pied d'une ligne change le quotidien quand les trottoirs sont enneigés de décembre à mars.

Calculer son budget avant de visiter

Avant même le budget, une question de statut se pose. Jusqu'au 1er janvier 2027, la loi fédérale interdit à la plupart des non-Canadiens d'acheter un logement dans les grandes agglomérations, dont Montréal. Les résidents permanents ne sont pas concernés, et les titulaires d'un permis de travail peuvent acheter sous conditions, notamment s'il leur reste au moins 183 jours de validité. Les immeubles de trois logements et plus échappent aussi à l'interdiction. Ottawa n'a pas encore tranché sur la suite à donner à cette mesure.

Côté prix, la maison unifamiliale atteignait un prix médian de 817 500 dollars canadiens sur l'île de Montréal en juillet 2026, selon l'Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ). La copropriété reste la porte d'entrée, autour de 480 000 dollars au printemps. La hausse du taux directeur pèse sur les prêts à taux variable, tandis que les taux fixes n'en dépendent pas directement. Pour une première estimation de sa capacité d'emprunt, des outils comme https://hypothequerapide.com/fr permettent de tester plusieurs scénarios d'apport et de durée avant de rencontrer un courtier hypothécaire, qui compare ensuite les offres des prêteurs.

Il faut aussi prévoir les frais d'achat. Le plus connu est la « taxe de bienvenue », les droits de mutation perçus par la Ville. À Montréal, ils sont calculés par tranches en 2026, avec 0,5 % jusqu'à 62 900 dollars, 1 % jusqu'à 315 000 dollars, puis 1,5 % jusqu'à 552 300 dollars. Pour un bien à 500 000 dollars, la facture atteint 5 610,50 dollars. S'y ajoutent les honoraires du notaire, souvent entre 1 200 et 1 800 dollars, et une inspection préachat vivement conseillée. Pour mesurer l'écart avec la France, la page des prix immobiliers en France donne les repères ville par ville.

Penser à la revente dès l'achat

Les plex du Plateau, typiques de Montréal, se partagent souvent entre propriétaire occupant et locataires (photo Tetro Smog, CC BY-SA 3.0)
Les plex du Plateau, typiques de Montréal, se partagent souvent entre propriétaire occupant et locataires (photo Tetro Smog, CC BY-SA 3.0)

Montréal se transforme vite, et certains secteurs prennent de la valeur avec l'arrivée d'une ligne de transport, d'une rue rénovée ou de nouveaux commerces. Les quartiers voisins des secteurs déjà recherchés, comme Villeray au nord de la Petite-Patrie ou Verdun près du Sud-Ouest, offrent souvent un meilleur rapport entre le prix d'achat et le potentiel de revente. Avant de signer, il vaut la peine de visiter le secteur à différentes heures, un soir de semaine comme un dimanche matin, et de consulter le plan d'urbanisme de la Ville pour repérer les chantiers à venir.

Pour une famille, l'école pèse lourd dans le choix. En règle générale, la Charte de la langue française oriente les enfants des nouveaux arrivants vers l'école publique francophone, ce qui facilite l'intégration. Les familles qui veulent garder le programme français peuvent viser les établissements du réseau de l'enseignement français à l'étranger, comme le Collège Stanislas ou le Collège international Marie de France. Leur proximité devient alors un critère de quartier à part entière.

Dernier point, propre au Québec. Acheter un plex pour habiter un logement et louer les autres est une stratégie courante, mais les locataires en place bénéficient d'une forte protection, encadrée par le Tribunal administratif du logement. Les baux se renouvellent le plus souvent autour du 1er juillet, la grande journée des déménagements au Québec. Mieux vaut connaître ce calendrier avant de visiter, pour éviter de découvrir trop tard qu'un logement ne pourra pas être libéré à la date espérée.

Article sponsorisé rédigé en partenariat avec Hypothèque Rapide · publié le

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